dimanche 20 avril 2008

« Cette table, cette plume, ce papier » (annoncette)

Rataplan :
à venir de temps en temps une rubrique « Intime triperie » — les jours comme ils vont chez bibi — quoiqu’avec, on y compte, le quant-à-soi.

« La grande difficulté quand on écrit son journal dit monsieur
Songe c’est d’oublier qu’on ne l’écrit pas pour les autres... ou plutôt de ne pas oublier qu’on ne l’écrit que pour soi... ou plutôt d’oublier qu’on ne l’écrit pas pour un temps où on sera devenu un autre... ou plutôt de ne pas oublier qu’on est un autre en l’écrivant... ou plutôt de ne pas oublier qu’il ne doit avoir d’intérêt que pour soi-même immédiatement c’est-à-dire pour quelqu’un qui n’existe pas puisqu’on est un autre aussitôt qu’on se met à écrire...
Bref ne pas oublier que c’est un genre d’autant plus faux qu’il vise à plus d’authenticité, car écrire c’est opter pour le mensonge, qu’on le veuille ou non, et qu’il vaut mieux en prendre son parti pour cultiver un genre vrai lequel s’appelle littérature et vise à tout autre chose que la vérité.
Conclusion, ne pas écrire son journal... ou plutôt ne pas le considérer comme sien si on l’écrit. Ce n’est qu’à ce prix qu’il parviendra à l’intimité qui est le contraire de l’authenticité lorsqu’on se mêle d’écrire. »

1 commentaire:

Arnaud Maïsetti a dit…

en accord total avec ce qui est écrit - en particulier : "ne pas le considérer comme sien si on l'écrit"