mercredi 25 février 2009

Les machins choses


Sous peu de la grenouille au bord du ru comme l’ongle d’un pouce, bouleuses petites barbaques et mordorées, brimborions dans l’herbette, minus topaze où l’on met à fraîchir les boutanches.
On ira sous peu et sous peu seul, heureux comme sans femme.
Des heures on maniera les machins choses à l’œil d’or, la flotte aura fraîchi mais l’air doux, mais l’air bleu, l’air mimi dessus les carabés mollis, à plat dos l’on verra des azurs, contre ces smalts les fûts longs et minces, de pins les têtes très seules, on sentira la brise.
À force d’affabilité du monde on souhaitera une femme, ce sera dans le monde approchable et l’obligeance des ciels s’en songer une sous la nue dépourvue d’atrabile.
Peut-être il y aura du pleur, du dont au fond on s’épanouit la rate, du pleur sur la juchée du cœur altier.
Ou pas.
Sous peu mais pour l’heure on va dans la feuille hachée sèche et méchante un peu, automne ou fin d’hiver c’est égal, dans l’air stoppé fûts gris, fûts longs, je vais le long, l’air a des airs gourds telle neige, suscitant l’ankylose, un peu, de l’œil et de l’oreille, nul ni rien ne réchappe de cette luminosité chiche de brune, on scrute en vain : on bigle, de grandes choses bâillent dans le lointain, elles béent, de petites papillotent auprès, par contagion tout en trémule à partir d’elles, tout en tinte, on enfouirait volontiers sa face au sol et l’acouphène au fond du ru labile qui y verrait du bleu, croirait au cri de ses brèmes, ses subsonicités. Ses tanches.
Proche le lac à truites on a ramassé une mouche.
Je vais - fin d’hiver - dans la feuille chiche, on bée du cœur altier tandis qu’au long du ru sont des chiens, il y a ces lentilles plein l’eau, parmi les baliveaux les corbeaux, leur pas enroulé de caïd quand vers les ciels sous peu smalt ils ne halent pas des tentures.
Impromptu une promesse presse naguère non tenue de nous accompagner un jour ici, je voulais sa bague volumineuse contre tel fût, le gros chaton couleur de Schoum.
Puis en échange elle aurait fait aller ses mains aux veines bleues.
Il faut se rentrer, le frais pince, et des cygnes, des oies grincent, en formation dessus le crâne cassonade de canards sur le lac sale.
On ira sous peu et sous peu seul, on ira juché, on ira l’œil d’or.
On ira petite barbaque et dépourvu.
On ira haché, sec et méchant un peu.
On ira doux, on ira bleu.
On ira épanoui dans l’obligeance.
On ira ramassé.
On ira chiche, on ira chien.
On ira tintant.
On ira sans, on ira gourd et long.
On ira fraîchi.
On ira promis.
On ira tenu.
Ou pas.

1 commentaire(s):

LEM a dit…

Je vous relis à quelques mois d'intervalle, avec le même plaisir - même si peut-être vous gagneriez, à mon humble avis, à apaiser parfois le style un peu forcé côté "moderne". Si vous aviez des textes de la même tenue pour notre revue, L'Arsenal, je serais heureux que vous nous proposiez quelques contributions.

Lionel-Edouard Martin