lundi 15 juin 2009

Thiais (04)



[voir ici]
« Pour un peu, vous seriez ces quelques planches qui vous contiennent.
Vous vous appelez Claude A., vous êtes né le 9 juin 1944 à P.
Vous venez d’avoir 65 ans.
Quelques planches vous contiennent, et nous ignorons tout de vous.
Sauf ces planches où vous ranger.
Quel genre de vie est-ce là, où il arrive que des vivants portent en terre des morts sans famille, sans amis ?
Dans ce genre de vie-là, monsieur, nous n’avons pas plus d’âme que la boîte qui vous renferme.
Nous sommes debout, mais debout comme des planches.
Nous sommes en bois.
C’est pourquoi le geste que nous accomplissons ce matin paraît si dérisoire.
Soyez certain pourtant, qu’avec la toute petite âme que nous tâchons de mettre dans notre bois, nous saurons garder présent votre souvenir.
Nous ne vous oublierons pas.
Adieu, monsieur. »

3 commentaires:

antoine brea a dit…

Superbe.

Anonyme a dit…

Merci

juliette mézenc

albin, journalier a dit…

On appelle âme de bois, sous le métal, le cœur de bois finement sculpté de certaines statues.