vendredi 8 août 2008

Tête de lare


donc : nouvelle carrée.
adsl : oui.
non : wifi.
prise téléphonique : à l’opposé du bureau.
ouarf - patience est mère sans fil.
ariane !

Lecture du jour, Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (Haruki Murakami, traduction Corinne Atlan) :
« Nous descendîmes alors le talus jusqu’à la berge. Au bord de l’eau, au fond de petites flaques couvertes d’une fine pellicule de glace, flottaient paisiblement des feuilles mortes, pareilles à des poissons morts, ventre à l’air. Je ramassai un galet dans le lit de la rivière, le fis rouler un moment sur ma paume. Shimamoto-san enleva ses gants, les mit dans la poche de son caban. Puis elle ouvrit son sac en bandoulière, en retira une sorte de pochette en beau tissu épais qui contenait une petite urne. Elle dénoua la ficelle qui entourait l’urne, souleva le couvercle, puis resta un moment immobile, à contempler le contenu.
Je la regardai sans bouger, en silence.
Dans l’urne, des cendres blanches. Shimamoto-san les renversa dans sa paume gauche, avec précaution, attentive à ne pas en répandre par terre. Le contenu de l’urne remplissait à peine le creux de sa main. Je me demandai de quoi, de qui, pouvaient bien provenir ces cendres. Comme c’était un après-midi sans vent, elles demeuraient sagement dans sa main. Shimamoto-san replaça l’urne vide dans la pochette en tissu, puis dans son sac, prit un peu de cendre sur le bout de son index, la lécha. Ensuite, elle me regarda et essaya de sourire. Sans succès. Son index était encore posé sur ses lèvres.
Je la vis s’accroupir près du fleuve pour y laisser glisser les cendres. La petite poignée de fine poussière disparut en un clin d’œil au fil de l’eau. Shimamoto-san et moi, debout au bord du fleuve, suivîmes un moment des yeux la direction du courant. Puis ma compagne considéra sa paume quelques instants avant de laver dans la rivière les résidus de cendre encore collés à sa main et de remettre ses gants.
- Tu crois qu’elles vont vraiment couler jusqu’à la mer ? demanda-t-elle.
- Peut-être. »

1 commentaire:

patrick a dit…

on m'annonce que les cendres de papa auront trouvé leur place définitive ce mecredi 20 août, le jour de mon anniversaire, le jour de mes cinquante ans, ce jour que je m'étais figuré comme il ne devait pas être.

cependant, j'aurais aimé moi aussi prendre un peu de lui et l'aller disperser sur le chemin qui montait à sa cabane, ce chemin que nous observions à la jumelle et que soudain ont franchi quatre cerfs.