mardi 30 juin 2009

puis de nouveau griffonnant au coin du feu


et cet accrochement des vivants à la vie
on sait un peu le maître, un peu le vieux,
si bien qu’avant l’âpre sommeil maclé l’on
élit le marais aux carcasses d’oiseaux, ce
voisinage sec - on craint sinon l’écœurant
remuage de sucs dont le vieux vomirait kif
le remuement car qui fissa se décatit s’en
va brimbalant sa piètre chimie de la tripe
spadassine, de gras organes ecchymotiques,
de fonds, et l’alentour dans le même temps
vain s’aigrissant, le monde qui se vide et
vicie sous l’œil des vieux qu’on est, sera
ad vitam. contre un toupin crachant on dit
corne, ce bec, la dessiccation pendillante
au large de quoi croisent les chèvres suie
et cendre, bref, nos cœurs dessuintés pour
permettre qu’au cœur de la vaste nuit sans
fond l’on s’autorise ici ou là les mirages
tarte, la larmiche, le transport rémittent
sans qu’en soit jamais corrodé pour autant
le quant-à-soi rp - se tenir, s’y tenir, y
tenir comme à sa prunelle, l’œil de vieux,
l’œil-de-vieux - à moins que la longue-vue
sertisseuse de pâtre, ce qu’il convient de
ténuité, d’obstination à durer, de tenaces
attachements, c’est là qu’est tout pinget,
badadia et corcoran - l’homo bulla dans le
creux du mouchoir et sans autre prétention
que bribe ou marge. vanitas crasse, pinget
c’est ça, le nez dedans et pourtant sursum
corda
, « comme on dit à la messe », contre
pommard et toupin repoussant, glaviotant :
simone vivace et modestement crâne. mieux,
simone ou les vieux deux facettes – chacun
ce harnais, à tous la charrue, cette haute
exigence de nous – du nerf – quoique ligne
à ligne dans la mouise et la patouillant :
pas à pas jusqu’au dernier - et fi donc si
semi clabotant. j’ai plus de souvenirs que
si – attention réminiscences – surtout les
bons qui font si mal – tu me laisses finir
comme ça ?
grasse crasse grise, cette scie
du souvenir et de l’observation - derechef
on désire pour soi le marais aux carcasses
d’oiseaux, souhaitant, quasi rendu une fin
pareille en sommeil et repli, la révérence
cornée, passer dans l’inaperçu, on se rêve
un terme induré, à tel feu durci, écailles
indifféremment ou le fer de la bêche, sans
sécrétions, sans plus (rideau) d’effusions
ni de tissus muqueux - telle poussière dès
longtemps promise aux deux cents os - bien
que fussent, et dès longtemps, perdus tous
les espoirs de cette poudre aux yeux. dans
un ultime élan on tient là-bas, petitement
à devenir l’organiste vieil et tordu comme
une mandragore
, on tient à s’entêter, vers
où passe la gardeuse qu’on dit finaude, et
plus largement quelque part entre fantoine
et agapa, on tient, donc, à s’user sur les
notes (un merle en siffle trois) ainsi que
sur la phrase, « sept mille fois sept fois
répétée », chantre à l’ambitionner idéale,
quoiqu’on la sache, à jamais, « pas encore
trouvée » - tu me laisses finir comme ça ?

lundi 15 juin 2009

Thiais (04)



[voir ici]
« Pour un peu, vous seriez ces quelques planches qui vous contiennent.
Vous vous appelez Claude A., vous êtes né le 9 juin 1944 à P.
Vous venez d’avoir 65 ans.
Quelques planches vous contiennent, et nous ignorons tout de vous.
Sauf ces planches où vous ranger.
Quel genre de vie est-ce là, où il arrive que des vivants portent en terre des morts sans famille, sans amis ?
Dans ce genre de vie-là, monsieur, nous n’avons pas plus d’âme que la boîte qui vous renferme.
Nous sommes debout, mais debout comme des planches.
Nous sommes en bois.
C’est pourquoi le geste que nous accomplissons ce matin paraît si dérisoire.
Soyez certain pourtant, qu’avec la toute petite âme que nous tâchons de mettre dans notre bois, nous saurons garder présent votre souvenir.
Nous ne vous oublierons pas.
Adieu, monsieur. »

mardi 2 juin 2009

Freak chaud : le trailer


Bibi ayant bûché sur
Le clavier cannibale
, Claro, Éditions Inculte, Paris, 2009 :

Texte à REPARAÎTRE sous peu !