samedi 28 juin 2008

« fiché en l’air dans la douleur du temps »


Cela se sache, on s’est rôti la hure à Méduses.
D’Antoine Brea depuis quelques mois l’on aimait [l’amour], on lisait ici ou des traces.
Demeurait Méduses (entre autres).
L’on ne perdait rien pour attendre.
Méduses « n’est pas un roman ».
Méduses méduse ? Non pas - facile et faux. Méduses est un court livre poing qui se monte à cru.
De Méduses on sort giflé, rudoyé, rossé, à tabac mais en gloire, en majesté dans les cordes - Méduses a ce pouvoir inusuel de hausser qui Méduses claque et cogne et crible.
On s’expulse toqué, tout engoué d’écriture et puis poigné (entre les côtes le pleur capital grâce à quoi parfois elles craquent - et qui s’en plaindrait. Méduses est une jauge du vivant en soi).
Antoine Brea poète précieux. Soit l’inverse du poète précieux.
Méduses qui embrase, qui crame est flamboyant. Rocaille quasi. Ce sont au semblable bain le prosaïque ou le transport, kif, le débridement, l’archaïsme itou, harnachant lâchant crachant ses cavales avec l’ivre liberté de grammaire et de mots qu’on voit célestement clocher par chez Céline.
Dire encore que cela suce le téton du mythe, biberonne - et combien goulûment - tel attirail mystique, tout poil fervent, des thaumaturgies. Troquant à temps le spirituel contre le spirituel. Avant qu’on y voie quincaille Brea d’emblée bouscule sa bimbeloterie (sans en liquider le sel talismanique).
A.B. sait l’humour, son efficace.
[Boyz of Skandalz], qu’il anime, « prône une poésie exigeante qui t’encule à sec, à l’harissa ».
Précieux.
Sans vaseline.
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« J’étais le fils du néant, l’enfant au regard dévoré des méduses, celui dont ne parle aucune prophétie, dont le temps n’a pas gardé trace, un corps numéroté aux organes revendus à un prix sacrifié. À présent je vivotais en liberté, te relatais tout ça, l’histoire de Jimmy Namiasz, un peu aussi la mienne, mais toi tu t’en fichais, tu ne me regardais pas. Du fond de ma tombe je te rapportais le roman namiaszéen, une ancienne poésie de l’avenir, ses allégories ses paraboles, mais tu t’en balançais, tu m’observais à l’œil nu. Tu m’observais vivant de tes yeux gigantesques et je brillais par ma béance incréé dans des mondes sans lunes. Parfois je m’inquiète si je n’ai pas rêvé, si mon existence a jamais eu une vraisemblance en dehors de toi, si l’univers connu d’alors n’était pas le pur produit de tes hallucinations personnelles. Possible que rien de tout cela ne fût vrai, que j’eusse tout inventé, ou bien toi ; et puis peut-être que non en fait - comment savoir ? -, tu paraissais si loin, dans ma tête tout se mélange. »

1 commentaire:

Phil a dit…

magnifique livre