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vendredi 17 octobre 2008
vendredi 10 octobre 2008
jeudi 11 septembre 2008
« Il y a deux jours, soirée avec Utitz. »
Franz Kafka, 11 septembre 1912 :
« Rêve : Je me trouvais sur un isthme en pierres de taille profondément enfoncé dans la mer. J’étais avec quelqu’un ou avec plusieurs personnes, mais j’avais de ma propre existence un sentiment si fort que mes connaissances sur elles se bornaient à peu près au fait que je leur parlais. Je ne me rappelle que les genoux soulevés d’une personne assise à côté de moi. Au début, je ne savais pas où j’étais, mais en me levant par hasard, je vis, à ma gauche et à droite derrière moi, un immense océan aux contours distincts qui portait un grand nombre de vaisseaux de guerre alignés et solidement mis à l’ancre. À droite, on voyait New York, nous étions dans le port de New York. Le ciel était gris, mais également clair partout. Librement exposé à l’air de tous côtés, je tournoyais sur place pour essayer de tout voir. Du côté de New York, le regard s’abaissait un peu vers le fond, du côté de la mer, il montait. À ce moment, je remarquai aussi que près de nous, l’eau formait de grosses vagues sur lesquelles se déroulait un énorme trafic cosmopolite. Tout ce que je me rappelle, c’est que nos radeaux étaient remplacés par un immense fagot rond fait avec de longs troncs d’arbres ficelés, dont la coupe, à mesure que le fagot avançait, ce qu’il faisait aussi dans le sens de la longueur, sortait sans cesse de l’eau, plus ou moins selon la hauteur des vagues. Je m’assis, tirai mes pieds à moi, tressaillis de plaisir, m’enfonçai littéralement dans le sol tant je me sentais bien et je dis : “Mais c’est encore plus intéressant que la circulation sur les boulevards parisiens.” »
« Rêve : Je me trouvais sur un isthme en pierres de taille profondément enfoncé dans la mer. J’étais avec quelqu’un ou avec plusieurs personnes, mais j’avais de ma propre existence un sentiment si fort que mes connaissances sur elles se bornaient à peu près au fait que je leur parlais. Je ne me rappelle que les genoux soulevés d’une personne assise à côté de moi. Au début, je ne savais pas où j’étais, mais en me levant par hasard, je vis, à ma gauche et à droite derrière moi, un immense océan aux contours distincts qui portait un grand nombre de vaisseaux de guerre alignés et solidement mis à l’ancre. À droite, on voyait New York, nous étions dans le port de New York. Le ciel était gris, mais également clair partout. Librement exposé à l’air de tous côtés, je tournoyais sur place pour essayer de tout voir. Du côté de New York, le regard s’abaissait un peu vers le fond, du côté de la mer, il montait. À ce moment, je remarquai aussi que près de nous, l’eau formait de grosses vagues sur lesquelles se déroulait un énorme trafic cosmopolite. Tout ce que je me rappelle, c’est que nos radeaux étaient remplacés par un immense fagot rond fait avec de longs troncs d’arbres ficelés, dont la coupe, à mesure que le fagot avançait, ce qu’il faisait aussi dans le sens de la longueur, sortait sans cesse de l’eau, plus ou moins selon la hauteur des vagues. Je m’assis, tirai mes pieds à moi, tressaillis de plaisir, m’enfonçai littéralement dans le sol tant je me sentais bien et je dis : “Mais c’est encore plus intéressant que la circulation sur les boulevards parisiens.” »
lundi 16 juin 2008
mercredi 16 avril 2008
« Sa petite gueule rose en délicate supplique »
Manière, aussi, de saluer au passage miss Carla/Dada.
« Je l’aimais, petite bourgeoise à habitudes et conforts, capitaliste en son fauteuil, mais aussi anarchiste qui détestait obéir quand je lui disais de rester couchée, ange kleptomane, petite tête sérieuse même quand elle folâtrait, usine à ronrons, petite bonne femme joufflue et foufflue, silencieuse damette aux moustaches, paix et douceur devant le feu, soudain si lointaine et digne, légendaire.
[...]
Alors, j’ouvrais le frigidaire et j’en sortais du foie cru, je le découpais avec des ciseaux et tout allait bien de nouveau. Idylle. J’étais pardonné. La queue vibrante d’impatience et de bonheur, elle fabriquait des ronrons premier choix, frottait sa frimousse contre ma jambe pour me faire savoir combien elle m’aimait et me trouvait charmant de découper du foie. Lorsque le foie était prêt dans la soucoupe, j’aimais ne pas le lui donner tout de suite. Je me promenais à travers le hall et le salon avec des méandres, et elle me suivait partout en grande fête, avec une démarche de marquise, cérémonieusement, enfant modèle et grande maîtresse de la cour, habillée soudain de gala, son noble panache frémissant et dressé, me suivait à pas mignons feutrés, si empressée en son menuet charmant, légère de convoitise et d’amitié, les yeux levés vers la sainte soucoupe, si fidèle et dévouée et prête à aller au bout du monde avec moi. Mon cher petit faux bonheur. »
mercredi 9 avril 2008
Une vie en noir & blanc
On traduit ces temps-ci (à paraître en septembre prochain) l’histoire authentique de Sandra Laing, Sud-Africaine née noire de parents blancs au temps de l’apartheid — qui par trois fois la contraignit à changer de couleur.Un premier extrait ci-dessous :
« Mais à cause de ses cheveux crépus et de sa peau brun clair, diversement qualifiée dans les journaux de teint de miel, de teint caramel, doré ou jaunâtre, le directeur du recensement reclassa officiellement la fillette : elle devint coloured. Elle n’était plus autorisée à pénétrer dans un restaurant, dans une salle de cinéma en compagnie de ses parents ou de ses frères ; il lui était maintenant interdit de s’asseoir avec eux dans l’autobus, de partager le même banc à l’église ou dans un parc public ; de fréquenter la même plage, le même dispensaire ; d’être inhumée dans le même cimetière. Selon la lettre de la loi, elle ne pouvait plus vivre auprès de sa famille blanche, sinon en qualité de domestique. »
Puis cinq minutes (sous-titrées en français) [un peu de patience, si nécessaire, au téléchargement, le jeu en vaut la chandelle] du documentaire que la Sud-Africaine Karien van der Merwe a consacré à Sandra Laing (on en découvrira l’intégralité — en anglais non sous-titré — par ici) :
Un second extrait enfin, édifiant :
« La réintégration de Sandra au sein de la race blanche inspira un correspondant anonyme, qui expédia au ministère de l’Intérieur un article de journal assorti d’un cliché de l’enfant au-dessus duquel on avait écrit à la main : « Foeitog, dit is mos ‘n kaffertije - Quelle honte, c’est une petite Cafre. » On recensa encore une pleine fournée de lettres indignées. Pour ces épistoliers, la fillette faisait figure de symbole. Un exemple suffira. Le message ci-dessous parvint à son destinataire le 9 août 1967 :
Les mots me manquent pour vous exprimer ma consternation, les doutes qui m’étreignent, ma déception, ma colère et mon chagrin. Je ne parviens pas à comprendre comment il est possible que votre ministère ait procédé à une classification pareillement scandaleuse. Je ne puis que plaindre ma race, ma nation (le Volk afrikaner) et mon pays. Un tel acte constitue une trahison de tout ce qu’incarne l’homme blanc. Une trahison de l’histoire de nos ancêtres. Une trahison des Afrikaners blancs d’aujourd’hui. Une trahison de l’avenir de l’homme blanc en Afrique du Sud. Ni vous ni votre ministère n’avez le droit de traiter le sang d’un individu dépourvu de race sur un pied d’égalité avec le Sang de l’Homme Blanc. MAIS IL N’EST PAS TROP TARD. Procédez à un reclassement et déclarez que cette chose est une “Bâtarde”.
Je ne vous livre pas mon nom. Ce n’est pas nécessaire. Je ne suis qu’un Blanc soucieux de protéger la pureté de sa race. »
dimanche 30 mars 2008
mercredi 12 mars 2008
Dynamiter, disperser, ventiler
« - La psychologie, y'en a qu'une : défourailler le premier.
- C'est un peu sommaire, mais ça peut être efficace. »
Mairie de Neuilly, 9 mars 2008 :
- C'est un peu sommaire, mais ça peut être efficace. »
Mairie de Neuilly, 9 mars 2008 :
lundi 10 mars 2008
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